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Grande interview avec la Camerounaise Sylvie Jacqueline Ndongmo, réélue pour un bail de 4 ans à la tête de Wilpf international

"Je souhaite  renforcer la participation des femmes et des jeunes Africains dans les espaces de décision mondiaux"

Léopold DASSI NDJIDJOU par Léopold DASSI NDJIDJOU
11 août 2026
dans grande interview
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 Réélue à la tête de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté (Wipf) avec 78,41 % des suffrages, contre 68,38 % lors de sa première élection en 2022, tout indique que Sylvie Jacqueline Ndongmo a marqué positivement ses pairs au cours de son premier mandat. Après ce sacre électoral, elle est à cœur ouvert avec ubuntu-tribune.com.
C’est, dirait-on, l’hymne de l’engagement d’une dame éprise de paix; l’appel à la mobilisation des femmes pour jouer leur partition dans la symphonie de la paix mondiale. Elle le fait si bien car elle a particulièrement affûté ses armes à la tête de la section Wilpf-Cameroun qu’elle a installée en 2014 et présidée jusqu’en 2022.
Elle revient au cours de cette interview sur sa réélection sur un plan personnel; le bilan de son premier mandat ; les chantiers prioritaires au cours des quatre prochaines années ; la mission de Wilpf à l’heure d’une géopolitique mondiale en question; comment susciter l’engagement des femmes africaines dans la dynamique de construction de la paix mondiale; entre autres.  En exclusivité, voici Madame Sylvie Jacqueline Ndongmo,
 Madame la Présidente, quelles sont vos impressions suite à cette réélection ?
Je ressens une profonde émotion et une immense gratitude. Cette réélection est une marque de confiance que je reçois avec humilité et responsabilité. Les membres de WILPF, venus des différentes régions du monde, ont choisi de renouveler leur confiance en ma vision et en notre travail collectif.
Je suis particulièrement touchée par le fait d’avoir été réélue avec 78,41 % des suffrages, contre 68,38 % lors de ma première élection en 2022. Cette progression témoigne non seulement de la confiance accordée à mon leadership, mais aussi de la reconnaissance du travail accompli collectivement au cours des quatre dernières années.
Cette réélection envoie également un message fort : les femmes africaines ont toute leur place dans la conduite des grandes organisations internationales et dans les débats mondiaux sur la paix, la justice et l’égalité.
Je suis également profondément honorée d’avoir été soutenue et nominée par des sections issues de plusieurs régions du monde, notamment d’Europe, d’Afrique et du Moyen-Orient. Dans un contexte international souvent marqué par les divisions, ce soutien transrégional est un signal fort. Il démontre que notre mouvement demeure capable de construire des ponts entre les peuples, les cultures et les générations.
Pour moi, cette victoire est aussi celle du Cameroun et de l’Afrique. Elle montre qu’un leadership africain peut contribuer à orienter les débats mondiaux sur la paix, la justice et l’égalité. Je l’accueille avec l’engagement de continuer à servir le mouvement, à renforcer l’unité et à porter encore plus haut la vision d’une paix juste et durable.
Qu’est-ce qui vous a motivée à briguer un nouveau mandat à la tête de Wilpf ?
J’ai accepté de me représenter parce que je suis convaincue que le travail engagé doit être consolidé. Lorsque j’ai pris mes fonctions en 2022, nous traversions une période particulièrement complexe, marquée à la fois par des crises mondiales et des défis internes à notre organisation. Nous avons dès lors entrepris des réformes importantes, renforcé nos mécanismes de gouvernance, amélioré le dialogue interne et posé les bases d’une culture organisationnelle davantage fondée sur l’intégrité, la responsabilité et les soins personnels et collectifs.
Aujourd’hui, je souhaite poursuivre cette dynamique afin de construire une organisation plus forte, plus inclusive, plus connectée aux valeurs des mères fondatrices, plus intergénérationnelle et plus proche de ses membres.
Je considère cette réélection non comme une récompense pour le passé, mais comme une responsabilité pour l’avenir.
Quels sont les chantiers prioritaires pour ces prochaines années ?
Nous avons cinq grandes priorités.
Les quatre prochaines années seront celles de la consolidation des acquis, du renouvellement générationnel et du renforcement de notre influence politique mondiale.
La première est de renforcer davantage l’engagement des membres. WILPF est avant tout un mouvement fondé sur les membres et sa force repose sur leur participation active.
La deuxième consiste à consolider notre gouvernance et notre culture organisationnelle en plaçant davantage le soin, le dialogue, la redevabilité et la responsabilité collective au cœur de nos pratiques.
La troisième est d’assurer la stabilité financière et institutionnelle de notre organisation afin de garantir sa pérennité dans un contexte de crise financière globale.
La quatrième est de renforcer le leadership intergénérationnel. Les jeunes membres, artisanes de paix, ne représentent pas seulement l’avenir de WILPF ; elles en sont déjà le présent. Nous devons continuer à investir dans leur leadership et leur donner toute leur place
Enfin, nous voulons amplifier notre plaidoyer mondial pour une paix féministe capable de répondre aux défis de la militarisation, des conflits armés, des injustices économiques et de la crise climatique.
Quel bilan tirez-vous de votre premier mandat et qu’est-ce que vous voulez faire différemment cette fois ?
Mon premier mandat m’a appris que le leadership féministe ne consiste pas uniquement à prendre des décisions. Il consiste aussi à écouter, à créer des espaces de dialogue et à maintenir l’unité même dans les moments difficiles.
Je suis fière que nous ayons réussi à traverser une période très complexe sans renoncer à nos valeurs. Nous avons renforcé nos pratiques de gouvernance, adopté de nouveaux mécanismes d’intégrité et développé davantage d’espaces d’échanges entre les différentes composantes du mouvement.
Mais il reste encore beaucoup à faire.
Pour ce nouveau mandat, je souhaite consacrer davantage d’énergie au rapprochement avec les sections, au renforcement des synergies, au développement des campagnes politiques internationales et au renforcement des liens entre les différentes régions du monde.
Aujourd’hui en 2026, avec les conflits qui se multiplient, quel rôle concret les femmes doivent-elles jouer dans les processus de paix ?
Les femmes doivent être reconnues comme des actrices à part entière et non seulement comme des victimes des conflits.
Depuis plus de vingt-cinq ans, la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies et l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité affirment que la participation pleine, égale et significative des femmes est essentielle à la prévention des conflits, aux négociations de paix, à la reconstruction et à la consolidation d’une paix durable.
Les femmes jouent déjà un rôle déterminant dans la médiation, la prévention des violences, la réconciliation et la reconstruction des communautés. Pourtant, elles demeurent encore largement sous-représentées dans les espaces où se prennent les décisions.
Or, les données internationales sont sans équivoque : lorsque les femmes participent de manière significative aux processus de paix, les accords ont jusqu’à 35 % plus de chances de durer au moins quinze ans. Selon les données des Nations Unies, les femmes ne représentaient encore qu’environ 10 % des négociateurs de paix dans le monde en 2023.
La mise en œuvre effective de la Résolution 1325 et de l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité n’est donc pas seulement une question de droits des femmes ; c’est une condition indispensable pour construire des sociétés plus justes, plus inclusives et une paix plus durable.
Comment Wilpf compte peser sur les grandes décisions géopolitiques actuelles ?
Notre force réside dans notre capacité à relier le local et le global. Depuis plus d’un siècle, WILPF agit comme un pont entre les communautés affectées par les conflits et les espaces où se prennent les décisions internationales.
Grâce à notre présence dans de nombreux pays et à notre statut consultatif auprès des Nations Unies, nous portons les réalités, les préoccupations et les recommandations des populations directement auprès des instances internationales, notamment aux Nations Unies, au Conseil des droits de l’homme et dans les différents fora consacrés à la paix et à la sécurité.
Notre approche repose sur une conviction forte : une paix durable ne peut être obtenue par la militarisation, mais par la justice, les droits humains, l’égalité et la sécurité humaine. C’est pourquoi nous continuerons à dénoncer les logiques de guerre, la course aux armements et l’augmentation des dépenses militaires qui détournent des ressources essentielles des besoins sociaux, du développement et de l’action climatique.
Dans un monde où les dépenses militaires atteignent des niveaux records, WILPF continuera à rappeler qu’aucune paix durable ne peut être construite par les armes.
Nous poursuivrons également notre plaidoyer en faveur du désarmement, de la prévention des conflits, de la protection des défenseures des droits humains et de la mise en œuvre effective de l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité, notamment de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Face aux crises actuelles, qu’il s’agisse des conflits armés, des inégalités croissantes, des déplacements forcés ou de la crise climatique, WILPF continuera à promouvoir une vision féministe de la paix qui s’attaque aux causes profondes des violences plutôt qu’à leurs seules conséquences.
Notre influence ne se mesure pas uniquement à notre présence dans les espaces diplomatiques. Elle se mesure aussi à notre capacité à mobiliser les citoyennes et citoyens, à renforcer les mouvements de paix et à construire des alliances capables de transformer les politiques publiques aux niveaux locaux, national, régional et international.
En tant qu’Africaine et Camerounaise à la tête de WILPF, comment comptez-vous renforcer la voix du continent dans les instances internationales ?
L’Afrique est trop souvent racontée à travers ses crises. Pourtant, elle est aussi un continent de solutions, de résilience et de leadership.
Chaque jour, des femmes africaines construisent la paix dans leurs communautés, préviennent les conflits et défendent les droits humains. Au Cameroun, des initiatives portées par WILPF Cameroon comme la Salle de Veille et d’Alerte des Femmes et des Jeunes, la Clinique d’Assistance Juridique et Judiciaire, le programme de renforcement économique et social des personnes déplacées internes et des communautés hôtes, ainsi que le réseau des Jeunes Influenceurs Web pour la Paix, montrent que des solutions innovantes existent et méritent d’influencer davantage les politiques internationales.
Je souhaite également renforcer la participation des femmes et des jeunes Africains dans les espaces de décision mondiaux. En tant que Présidente internationale de WILPF, j’ai fait du leadership des jeunes une priorité. Le renforcement du réseau Young WILPF a notamment permis à une jeune Camerounaise d’être élue co-coordonnatrice du réseau au niveau international, ainsi qu’à plusieurs jeunes Camerounais et jeunes d’autres pays de représenter leurs communautés dans des espaces internationaux.
J’ai également contribué à la création et au renforcement des sections WILPF dans plusieurs pays et soutenu de nombreuses femmes dont l’engagement et le leadership leur ont permis d’accéder à des espaces de décision et de représentation aux niveaux régional et international.
L’Afrique ne doit plus seulement être présente dans les discussions internationales ; elle doit contribuer à les orienter.
Quels sont les défis spécifiques des femmes bâtisseuses de paix en Afrique centrale aujourd’hui ?
Les femmes de notre région interviennent souvent dans des contextes marqués par les conflits armés, les déplacements forcés, les tensions politiques, les crises humanitaires et les restrictions de l’espace civique.
Malgré cela, elles continuent d’agir.
Parmi les principaux défis figurent encore l’accès aux ressources, à la protection et à la reconnaissance.
Nous constatons également des défis structurels liés à l’accès à l’énergie, à l’électricité et à Internet. Dans de nombreuses communautés africaines, ces limitations réduisent l’accès à l’information, aux formations, aux financements et aux espaces de décision, ce qui freine la participation pleine et effective des femmes aux processus de paix et de gouvernance.
Nous devons investir davantage dans leur sécurité, leur leadership et leurs capacités d’action.
Quel message adressez-vous aux jeunes filles du Cameroun qui veulent s’engager pour la paix ?
Je voudrais leur dire que leur âge n’est pas un obstacle au leadership.
N’attendez pas qu’on vous donne une place : préparez-vous, formez-vous, engagez-vous et prenez cette place.
Le monde a besoin de votre énergie, de votre créativité et de votre courage.
Je suis moi-même la preuve qu’une jeune fille née au Cameroun peut contribuer à diriger un mouvement international centenaire et voir la confiance placée en son leadership renouvelée.
Qu’est-ce qui vous donne encore de l’espoir quand vous voyez l’actualité internationale ?
Mon espoir vient des personnes qui refusent d’abandonner.
Je puise cet espoir dans les femmes et les hommes qui continuent à défendre la paix sous les bombes, dans les jeunes qui refusent la haine et dans les communautés qui choisissent le dialogue malgré les divisions.
Je trouve aussi de l’espoir dans l’histoire de WILPF elle-même. En 1915, alors que le monde était déchiré par la guerre, des femmes ont osé imaginer un avenir différent. Plus d’un siècle plus tard, nous continuons à porter cette même conviction : un autre monde est possible.
Tant qu’il y aura des femmes et des hommes qui choisissent le dialogue plutôt que la haine, l’espoir restera plus fort que la peur.
Une femme qui vous inspire dans ce combat pour la paix ?
Je suis inspirée par les fondatrices de WILPF qui ont eu le courage, en pleine Première Guerre mondiale, de défier la logique de la guerre et de proposer le dialogue là où d’autres ne voyaient que la confrontation.
Mais s’il y a une personne qui m’a particulièrement marquée, c’est Edith Ballantyne, ancienne Secrétaire générale et Présidente internationale de WILPF. Edith a consacré plus d’un demi-siècle de sa vie à la paix, au désarmement, à la justice et aux droits humains. Son engagement, sa rigueur intellectuelle et sa fidélité aux valeurs de WILPF ont profondément influencé plusieurs générations de militantes.
J’ai eu le privilège de lui rendre visite en décembre 2022, peu avant son centième anniversaire. Ce qui m’a impressionnée, au-delà de son parcours exceptionnel, c’était son incroyable vitalité et sa volonté de rester connectée au monde. Malgré son âge, elle suivait avec passion l’actualité internationale, les activités de WILPF et les grands débats sur la paix. Elle m’avait confié que perdre ce lien avec le monde lui serait insupportable. Cette conversation m’a profondément marquée, car elle révélait à quel point son engagement n’était pas seulement une responsabilité, mais une manière d’être et de vivre.
Edith est un modèle pour moi parce qu’elle a démontré qu’il est possible de consacrer toute une vie à la construction de la paix sans jamais perdre sa capacité d’écoute, son humilité ou son espoir. Elle m’a appris que le leadership ne se mesure pas au pouvoir que l’on détient, mais à la capacité d’inspirer, de servir et de transmettre aux générations suivantes.
Je suis également inspirée par les nombreuses femmes anonymes qui, dans les villages, les quartiers et les zones de conflit, construisent chaque jour la paix sans reconnaissance ni visibilité médiatique. Elles incarnent, à leur manière, le même courage et la même détermination que portait Edith Ballantyne.
Si vous deviez laisser une seule phrase comme héritage à la fin de ce mandat, ce serait quoi ?
 Le leadership est collectif. Aucun défi n’est plus grand que la force d’un mouvement uni par un objectif commun, guidé par des valeurs féministes et engagé en faveur de la paix.
Un livre, une citation ou une femme qui vous porte au quotidien ?
Plus qu’un livre, une citation ou une personnalité en particulier, ce qui me porte au quotidien est la conviction que notre action a un impact réel sur la vie des personnes. Savoir que notre engagement peut redonner espoir, mettre un sourire sur des visages, renforcer la dignité humaine et contribuer, même modestement, à rendre le monde plus juste et plus humain est une source constante de motivation.
C’est cette certitude que chaque acte de solidarité, chaque espace de dialogue et chaque avancée en faveur de la paix compte, qui me donne l’énergie de continuer.
Comment les lecteurs de notre journal peuvent-ils soutenir ou rejoindre l’action de Wilpf ?
La paix n’est pas uniquement la responsabilité des gouvernements, des organisations internationales ou des organisations de la société civile. Elle commence par chacune et chacun d’entre nous. Notre vie quotidienne doit refléter le changement que nous souhaitons voir dans le monde.
Chaque citoyen peut contribuer à bâtir une société plus juste, plus inclusive et plus pacifique. Aucune action en faveur de la paix n’est insignifiante. Même un sourire peut être un acte de paix lorsqu’il restaure la confiance, la dignité ou l’espoir.
J’invite les lecteurs à s’informer, à promouvoir le dialogue, à rejeter les discours de haine, à soutenir les initiatives de paix dans leurs communautés et à s’engager aux côtés de WILPF ou de ses partenaires. Chacun peut agir, à son niveau, pour faire avancer la justice, l’égalité et la non-violence.
La paix commence là où une personne décide de transformer positivement son environnement. Ensemble, ces actions individuelles deviennent une force collective capable de changer le monde.
Les lecteurs peuvent soutenir notre travail en rejoignant nos initiatives, en relayant nos messages, en participant à des activités de consolidation de la paix et en adhérant à notre mouvement.
Ils peuvent également se tenir informés de nos actions et en savoir plus grâce à nos plateformes :
• WILPF International: https://www.wilpf.org
• WILPF Cameroon: https://www.wilpfcameroon.org
• Sylvie Jacqueline Ndongmo: https://sylviendongmo.org
La paix commence lorsque chaque personne fait le choix conscient de transformer positivement son environnement. Par des gestes quotidiens de solidarité, de respect, de dialogue et de non-violence, nous avons tous le pouvoir de contribuer à un monde plus pacifique et plus juste. Ensemble, ces actions individuelles deviennent une force collective capable d’apporter un changement significatif.
Construire la paix est une responsabilité partagée. Plus le nombre de personnes qui s’engagent pour cette cause sera grand, plus notre capacité collective à créer un monde fondé sur la justice, l’égalité et la dignité pour tous sera forte.
Nous invitons toutes les personnes qui croient en la paix, la justice et l’égalité à se joindre à nous pour traduire ces valeurs en actions concrètes.
Un mot pour la conclusion
Cette réélection est un honneur personnel, mais elle est surtout un hommage au Cameroun, à l’Afrique et à toutes les femmes qui, souvent dans l’ombre, construisent la paix chaque jour.
Le monde traverse une période particulièrement difficile. Pourtant, je demeure convaincue que l’avenir n’est pas écrit d’avance. Ensemble, nous pouvons construire des sociétés fondées sur la justice, la solidarité et la dignité humaine.
Plus que jamais, le monde a besoin de paix. Plus que jamais, le monde a besoin de la voix des femmes.
Léopold DASSI NDJIDJOU

Léopold DASSI NDJIDJOU

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