C’est le dernier livre de l’écrivain prolifique qui vient de paraître aux éditions Eliva Press.
Il s’agit d’une réflexion approfondie sur les mécanismes innovants de prévention, de gestion et de résolution des conflits fonciers. À travers une approche scientifique, sociale et institutionnelle, ce livre met en lumière l’importance de la co-médiation, du dialogue entre acteurs et de la cogestion territoriale comme outils essentiels pour construire une gouvernance foncière durable et pacifique. Cette publication constitue par ailleurs une contribution scientifique aux débats contemporains sur la sécurisation foncière, l’aménagement du territoire et la gestion collaborative des ressources.
L’ouvrage présente le modèle de Co-médiation et de Cogestion de la conflictualité foncière est une approche innovante et participative de résolution des conflits liés à la terre. Il repose sur l’idée que les tensions foncières
souvent enracinées dans des problèmes historiques, sociaux, juridiques et économiques ne peuvent
être durablement résolues que par une implication conjointe des différents acteurs concernés : communautés locales, autorités administratives, coutumières, juridiques, institution religieuse, parfois même des acteurs privés.
La co-gouvernance est aussi une approche qui entre dans ce modèle comme mode de co-gouvernance partagée où plusieurs acteurs (État, collectivités locales, communautés, secteur privé, société civile, population locale etc.) participent ensemble à la prise de décision, à la cogestion et au suivi des politiques publiques ou des ressources communes.
Le livre compte huit chapitres, des faisceaux qui éclairent sous un jour nouveau une gestion sereine et harmonieuse des conflits fonciers au Cameroun et ailleurs dans le monde. Le premier chapitre présente la conflictualité foncière comme un phénomène social, économique et politique. Elle désigne l’ensemble des tensions, disputes et affrontements liés à l’accès, à la gestion et à la distribution des terres et des ressources naturelles qui y sont associées.
Le chapitre 2 traite de la théorie de la gouvernance territoriale. Selon cette théorie, la gestion foncière doit prendre en compte les caractéristiques spécifiques des territoires et s’adapter aux réalités locales. Le chapitre 3 s’intéresse aux approches pratiques de la co-médiation et de la cogestion. Elles se concrétisent par la mise en œuvre de stratégies adaptées aux contextes locaux et aux spécificités des acteurs impliqués. Le
chapitre 4 étudie les acteurs de la co-médiation foncière. Ils jouent un rôle central dans la mise en œuvre et la réussite des processus de médiation des conflits fonciers.
Le chapitre 5 fait la lumière sur la pratique de la co-médiation : études de cas. Ces études illustrent l’application concrète de la co-médiation foncière dans divers contextes géographiques et socio-économiques. Les études permettent de comprendre comment les différentes parties prenantes, en particulier les acteurs institutionnels, communautaires, et privés, interagissent et collaborent pour résoudre des conflits fonciers de manière inclusive et durable.
Le chapitre 6 analyse la co-médiation et la cogestion dans un contexte territorial spécifique. Ceci permet de mieux comprendre comment ces modèles peuvent être appliqués dans des environnements variés et complexes, tout en tenant compte des particularités sociales, économiques et politiques de chaque région. Le chapitre 7 étudie le contexte géographique et social du terrain d’étude de la co-médiation et de la cogestion des conflits.
Le huitième et dernier chapitre parle des défis de la co-médiation et de la cogestion foncières. Les modèles de co-médiation et de cogestion foncières représentent des alternatives prometteuses face aux conflits fonciers, qui sont fréquents dans de nombreuses régions du monde. Ces approches visent à trouver des solutions inclusives et durables aux problèmes fonciers en impliquant directement les communautés locales, l’État, les investisseurs et d’autres acteurs dans la gestion des terres et des ressources naturelles.
Dans l’ensemble, l’auteur a suivi une approche méthodologique mixte, combinant des études de terrain, des exemples tirés en milieu urbain et rural, des analyses de cas, des entretiens avec les acteurs concernés, ainsi qu’une réflexion théorique sur la place de la médiation dans la gestion des conflits fonciers.
Résumé de l’ouvrage
Dans de nombreuses sociétés, notamment en Afrique et dans les zones rurales du Sud global, les conflits fonciers représentent un enjeu majeur pour la paix sociale, la cohésion communautaire et le développement durable. Les conflits fonciers restent un sujet sensible qui menace la coexistence pacifique des communautés dans les zones fragiles. Ces tensions foncières naissent souvent de la superposition de normes juridiques formelles et coutumières, de la pression sur les ressources naturelles, de l’absence de reconnaissance des droits fonciers traditionnels, ou encore de l’intervention non régulée d’acteurs externes.
Face à la complexité et à la persistance de ces conflits, le modèle de la co-médiation et de la cogestion de la conflictualité foncière émerge comme une réponse innovante et inclusive. Ce modèle repose sur deux piliers : La co-médiation, qui implique plusieurs médiateurs issus de différents horizons (institutionnels publics, institutionnels religieux, population locale, coutumiers), et qui vise à favoriser un dialogue équilibré, interculturel et participatif. La cogestion, qui propose une gouvernance partagée de la terre et des ressources naturelles, où les acteurs locaux (communautés, autorités traditionnelles, représentants de l’État, institutions religieuses, société civile) sont impliqués de manière active et équitable dans la prise de décision.
À travers une analyse théorique et une étude de terrain (ou études de cas : conflit entre agriculteurs et éleveurs au Mali, des terres communales au Sénégal, conflits fonciers au Cameroun …), cet ouvrage explore les mécanismes, les dynamiques et les effets du modèle de co-médiation et de cogestion. Il montre que ce modèle, lorsqu’il est bien adapté au contexte local, contribue à une résolution pacifique des contestations, à la reconnaissance des droits multiples, et à la mise en place d’une gouvernance foncière plus juste et durable. Ce livre propose aussi une réflexion critique sur les conditions de réussite d’un tel modèle, ses limites, et ses potentialités pour inspirer les politiques publiques et les pratiques communautaires en matière de gestion des terres et des conflits fonciers.
Au sujet de l’auteur
Titulaire d’un doctorat PhD en dynamique comparée des sociétés en développement, Abdoulay Mfewou
est un agronome et enseignant-chercheur dans les universités du Cameroun (université de Dschang) et chercheur associé au Cessma à l’université Paris-Diderot (France).Ses principaux ouvrages publiés sont:
Migrations, dynamiques agricoles et problèmes fonciers dans le Nord-Cameroun : Le périmètre irrigué de Lagdo (Éditions L’Harmattan, 2010); L’eau est finie au Cameroun ? (Generis Publishing, 2024); Nouvelle monnaie et Développement (Generis Publishing, 2024); La transition pastorale (2024);
Ville sans Lumière: Dschang-Cameroun (2024); Afrique : Péril Vert (2015). En ce qui concerne les ouvrages collectifs, il y a: Conflit Foncier au Cameroun (co-écrit avec Umaru Hassan Buba, 2024); Émergence de la nouvelle classe moyenne dans la filière cacao au Cameroun (2024); Mondialisation, variabilité du commerce de bétail et de la viande bovine en Afrique Centrale (co-écrit avec A. Njoya et E. J. Oyep, 2016).