évaluation de la démocratie camerounaise

Quelques critères pour se faire une opinion sur la question

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L’évaluation de la démocratie dans un pays  repose sur des critères mesurables et quantifiables. Ce n’est pas une vue de l’esprit. Le premier critère est le processus électoral et le pluralisme politique. Les élections sont-elles libres et régulières? Plusieurs partis politiques participent-ils aux élections? Existe-t-il une égalité du suffrage ? En d’autres termes, est-ce que lors des élections, il y a l’absence d’achat de votes, l’absence de fraudes et des intimidations de toutes sortes exercées sur les électeurs ?
Le deuxième critère d’évaluation concerne les libertés civiles et fondamentales, telles que la liberté d’expression et de la presse, la liberté d’association et de réunion et le respect des libertés de conscience, de religion et de protection de la vie privée.
Le troisième critère d’évaluation est le fonctionnement et la séparation des pouvoirs. En ce qui concerne le fonctionnement des pouvoirs, je pense ainsi au pouvoir donné au Parlement d’enquêter sur le pouvoir exécutif en présence d’une opposition politique active. Quant à la séparation des pouvoirs, il s’agit de l’indépendance et de l’équilibre entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.
Le quatrième critère est l’État de droit. Deux grilles d’analyse ici. D’abord l’égalité de tous devant la loi,  ensuite l’indépendance de la justice, c’est-à-dire une justice impartiale, accessible et à l’abri des pressions politiques.
Pour évaluer la démocratie camerounaise, il faut tenir compte de ces critères sans oblitérer la notion d’alternance. On retient que Paul Biya est au pouvoir sans discontinuer depuis 1982.
Que les résultats des élections et surtout présidentielles sont contestés avec véhémence, notamment celles de 2025, 2018 et 1992 avec des morts d’hommes en prime.
Que les fraudes électorales sont  courantes et systémiques avec les achats de conscience..
Que la séparation des pouvoirs est un leurre car l’Exécutif domine outrageusement les autres pouvoirs.
Que les leaders politiques sont en prison pour des motivations politiques.
Que les réunions et les manifestations des partis politiques de l’opposition sont régulièrement empêchées par une administration à la neutralité douteuse.
Que des grands prévaricateurs de la fortune publique, régulièrement dénoncés par la presse, vivent en toute impunité.
Que seul le président de la République, qui est par ailleurs président d’un parti politique, détient le calendrier électoral.
Que le système électoral dans l’ensemble et particulièrement le Code électoral brille par la partialité de par certaines de ses dispositions qui ne sont pas du tout inclusives car elles  frustrent les citoyens de 18 ans et 19 de leur droit de vote.
Que les Juridictions électorales, de par la jurisprudence constante, sont largement favorables au candidat du pouvoir.
Que la proximité du juge électoral avec le parti au pouvoir est un euphémisme.
Que les partis de l’opposition, en dépit des mécanismes vexatoires quotidiennes, sont résilients.
Au regard de ce qui précède, on peut valablement dire que la démocratie camerounaise est à refaire, elle a un long chemin devant elle.
Léopold DASSI NDJIDJOU

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