La cérémonie a eu lieu le 31 juillet dernier dans la cour d’honneur de la brigade du quartier général sous la présidence de Joseph Beti Assomo, le ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense (Mindef).
Le chef de la division de la Communication, le capitaine de Vaisseau Serge Cyrille Atonfack Guemo, lit le décret présidentiel qui attribue cette décoration, signé le 16 juillet 2026. Le chef de l’État y rend un vibrant hommage à son commandant disparu.
“Officier général, d’une discipline de fer, valeureux et profondément loyal aux institutions de la République, le général de division Philippe Mpay a servi la Nation avec un dévouement constant et un sens élevé du devoir. Assumant avec zèle et compétence chacune des hautes responsabilités à lui confiées par le haut commandement, il s’est imposé comme une tribune référant des Forces de défense camerounaises. Homme de conviction et républicain reconnu, il a contribué activement à la stabilité des institutions, à la préservation de la paix et au rayonnement de notre armée. Soldat exemplaire jusqu’à son dernier souffle, il laisse à la postérité des états de service remarquables qui demeureront pour les générations futures d’officiers, un modèle d’honneur, de fidélité et d’abnégation au service de la patrie”, lit-il avant que le Mindef ne monte à bord du camion militaire tactique à plateau où repose la dépouille du général.
» Général de division Mpay Philippe, au nom du président de la République et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous attribuons la Croix de la valeur militaire du Cameroun à l’ordre de la Nation, à titre posthume”, déclare le maître des céans avant de déposer la médaille sur la bannière tricolore qui recouvre le cercueil.
L’autre temps fort de ce moment emprunt de solennité est la lecture de l’éloge funèbre faite en l’honneur du général Philippe Mpay, qui a quitté le monde des vivants étant le commandant des Écoles et centres d’instruction interarmées (Comeciia), par le général de division Hyppolite Ebaka, conseiller logistique au ministère de la Défense. Il est revenu sur la brillante carrière du disparu en présence des personnalités, dont le ministre des Petites et moyennes entreprises, de l’économie sociale et de l’artisanat; le préfet du département du Mfoundi, le secrétaire général du gouvernorat représentant le gouverneur, les officiers généraux et sous officiers, les militaires du rang , ainsi que la famille éplorée du défunt et des proches.
Ce qu’il faut retenir sur le général de division Philippe Mpay
Il est né le 18 septembre 1939 à Nguibassal, dans le Département du Nyong-et-Kéllé. Marié à Rose Ngo Ngue, le 19 juin 1965, il est père de plusieurs enfants. Il effectue ses études primaires à Libamba, puis à Makak. Ses études secondaires au lycée Joss de Douala, au lycée général Leclerc à Yaoundé et au Lycée Savorgnan de Brazza à Brazzaville (République du Congo), où il obtient un baccalauréat de philosophie en 1960. Il est admis à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1960 et diplômé en 1962.
Il est par ailleurs breveté parachutiste à l’École des troupes aéroportées de Pau en août 1962. Il entre à l’Ecole d’application d’infanterie en 1962 à Saint-Maixent. Il est admis au Cours des capitaines à Montpellier, puis à l’École d’état-major à Paris, où il obtient le certificat de langue française (1er degré). En outre, l’École de natation à La Bastide de Saint-Laurent près de Nice, lui ouvre ses portes. Il est par la suite admis à l’École supérieure de guerre de Paris en 1973, dont il sort nanti du Brevet de l’enseignement militaire supérieur du 2e degré (Bems 2). Durant ce stage, il obtient deux certificats de langue française (2e et 3e degrés). En 1985, il obtient un Bems 3 en sa qualité d’auditeur à l’Institut des hautes études de défense nationale (Ihedn) en France.
Les fonctions occupées
Le 22 mai 2018, il est assesseur suppléant auprès des Chambres militaires des cours d’appel de l’Adamaoua, du Centre, de l’Est, de l’Extrême-Nord, du Littoral, du Nord, du Nord-Ouest, de l’Ouest, du Sud et du Sud-Ouest. Du 25 septembre 2001 jusqu’à date, il est le commandant des Écoles et centres d’Instruction Interarmées.
En mai 2001, il est nommé commandant de la 6ème région militaire à Bamenda (régions du Nord-Ouest et de l’Ouest); puis nommé général de division le 25 septembre 2001. En 2000, il est le commandant opérationnel de Douala (unité spécialisée dans la lutte contre la grande criminalité):
En 1998, il est nommé commandant de la 2ème région militaire à Douala.
En 1995, il est commandant de la 3ème région militaire de l’Extrême-Nord s’étendant jusqu’au lac Tchad.
Le 5 février 1993, il est promu général de Brigade, il y a réorganisation du Commandement territorial. La partie septentrionale est scindée en 3 régions militaires. Il est nommé commandant de la 5ème région militaire couvrant la région de l’Adamaoua.
En 1991, il est le directeur du budget et des équipements au ministère de la Défense. Le 21 Octobre 1988, il est directeur des matériels.
De 1985 à 1988, il est le commandant de la 3ème Région militaire (les 3 régions septentrionales du Cameroun) à Maroua.
En 1983, il est nommé Commandant des Écoles et centres d’instruction.
En 1981, il est le commandant du 3e secteur militaire et du 31e bataillon d’infanterie à Bafoussam.
En 1975 à son retour, il est nommé adjoint de coordination à l’État major des armées.
De 1973 à 1975, il est attaché militaire adjoint à la mission militaire près l’ambassade du Cameroun à Paris.
De 1970 à 1973, chef du 4ème bureau, puis du 3ème bureau à l’État-major de l’Armée de terre.
De 1968 à 1970, il est adjoint opérationnel au commandant du 3ème bataillon de Nkongsamba.
De 1964 à 1968, il est commandant du quartier militaire de Banganté dans la région de l’Ouest.
De 1963 à 1964, il est commandant du quartier militaire de Bafang dans la région de l’Ouest.
Fort d’une carrière professionnelle dense, le général de division Philippe Mpay a toujours été apprécié par ses chefs depuis sa jeunesse dans les unités opérationnelles comme un officier exemplaire, intelligent, intègre, rigoureux, ponctuel et fidèle aux institutions républicaines qui n’a ménagé aucun effort pour réaliser toujours avec succès les missions qui lui ont été confiées. Il a pris une part active à la lutte contre les menaces majeures contre la Nation.
Décorations
Au niveau national, il est Chevalier, Officier et Commandeur de l’ordre de la valeur. Il a le mérite de la force publique. Il est Chevalier, Officier et Commandeur et Grand cordon de l’ordre du mérite camerounais. Il a la Médaille de la vaillance (2 citations) et la Croix de la valeur militaire.
A l’étranger, il est Chevalier de l’ordre du mérite (France). Chevalier de la Légion d’honneur (France). Commandeur de l’ordre de Léopold (Belgique).
Les grades
En ce qui concerne les grades successifs, il général de division le 25 septembre 2001; général de brigade, le 5 février 1993.
Il est colonel en 1983.
En 1977, il est lieutenant-Colonel.
En 1972, il est chef de bataillon.
En 1967, il est capitaine.
En 1963, il est lieutenant.