
Présidée par le ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense (Mindef), la première étape des obsèques officiels du commandant de la première région militaire interarmées (Rmia 1) a eu lieu le 3 septembre dernier à la morgue de l’hôpital général de Yaoundé.
Il y a de l’émotion dans l’air quand le corps fait son entrée solennelle dans la grande salle réservée au culte. Toute l’assistance est debout pour accueillir la procession avec en tête la photo et le chapeau de l’officier supérieur qui est général de brigade depuis le 13 août 2015. Juste après le cercueil drapé des couleurs nationales, suivent les officiants de jour, venus de l’église presbytérienne. Le message d’encouragement de la famille biologique et professionnelle du général, est tiré du livre des Psaumes, des versets 10 à 13.
Le psalmiste y énonce la brièveté de la vie humaine et appelle à la sagesse. Le pasteur a de ce fait insisté sur la nécessité d’apprendre à compter ses jours sur la terre. Il est question de vivre chaque jour comme s’il était le dernier sur terre, “en posant des actes d’amour, en vivant au service de Dieu”. Le vide laissé par cet homme que le pasteur a qualifié de pieux, sera comblé par Dieu lui-même comme a prié le serviteur de Dieu.
Après le service religieux, a commencé la traditionnelle procession autour du cercueil. Le bal est ouvert par Joseph Beti Assomo, suivi des deux autres membres du gouvernement, le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo et le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, tous les deux originaires de la même région que le défunt. Après le service religieux, le corps levé a mis le cap sur l’hôtel particulier du défunt à Odza, un quartier de Yaoundé et par la suite transmis à la chapelle ardente de la brigade du Quartier général où a eu lieu une grande veillée jusqu’à l’aube. Le 4 septembre 2026, s’ouvre la deuxième étape du grand voyage du général de brigade sur la route de l’éternité. Il recevra dès 10h les honneurs militaires à la Cour d’honneur au Quartier général. Juste après, autour de 12h, le cortège funèbre va s’ébranler vers le village natal du défunt, Essam-Esse, dans l’arrondissement de Sangmélima, le département du Dja-et-Lobo.
Qui était le général Ezo’o Mvondo Simon?

Né le 14 janvier 1959 et décédé le 14 juillet 2026 en Inde des suites de maladie, le départ de
général Ezo’o Mvondo Simon est à coup sûr une perte pour l’armée camerounaise. Son cursus scolaire, du primaire à l’université et militaire, est connu.
Il suit les études primaires à l’école missionnaire de Mezesse jusqu’à l’obtention de son Cepe. Ses études secondaires se passent au collège Notre-Dame de Sangmélima où il obtient son Bepc et son Probatoire. Il poursuit son cursus au lycée classique d’Ebolowa où il obtient son Baccalauréat A4 (Espagnol) en 1982.
Il enchaîne avec les études supérieures en s’inscrivant à la faculté des Lettres et des sciences humaines de l’université de Yaoundé.
En 1983, un est admis à l’École militaire interarmées (Emia). Il est diplômé au bout de 3 ans, en 1986, “ promotion Rudolph Douala Manga Bell”. Par la suite, il effectue un stage d’application à l’École de cavalerie de Saumur (France) en 1989; un stage de commandant d’Unité (Scu) à I’Emia. Il est par aussi titulaire d’un certificat d’État-major (Cem) à l’Emia; diplômé d’État-major (Dem) à l’école d’État-major de Munster (Allemagne) en 2001. Le général Ezo’o Mvondo Simon était par ailleurs breveté d’études militaires supérieures (Bems1) à Hambourg (Allemagne) en 2003. Il était aussi breveté d’études militaires supérieures (Bems2) en Allemagne en septembre 2004.
Fonctions occupées

Du 29 juin 2017 au 3 août 2026: commandant la première Région militaire interarmées (Rmia1).
16 septembre 2013, il est le commandant de la 11e brigade d’infanterie motorisée. Le 7 décembre 2007, il est commandant du secteur militaire terrestre n° 2. En 2004, il devient chef d’État-major au secteur militaire terrestre n° 3. Le 7 septembre 1998, il est commandant de l’Escadron blindé de reconnaissance et d’appui du Quartier général (Ebra). Le 23 décembre 1993, il est nommé commandant par intérim de l’Ebra. Le 3 octobre 1990, il est commandant de peloton d’escadron blindé au régiment du Quartier général (Rqg/Eb). En 1986, il est chef de section à la 121e compagnie de combat du secteur militaire.
En guise de témoignage, on retient qu’il était un officier supérieur de l’armée camerounaise, reconnu comme un modèle, reconnu pour son intelligence, son intégrité, sa rigueur, sa ponctualité et son attachement indéfectible aux institutions républicaines. Il s’est toujours investi pour mener à bien et avec succès chacune des missions qui lui étaient confiées.
Il était réputé pour son sens du devoir, sa rigueur professionnelle et son engagement au service de la Nation. Il fut l’un des acteurs de la transformation profonde de l’armée camerounaise, dans le cadre de la modernisation structurelle du commandement. Son parcours l’a mené sur plusieurs fronts stratégiques, notamment l’Opération Delta à Bakassi, la sécurisation des frontières orientales face aux effets de la crise centrafricaine, et la préparation des contingents pour la MIsca en 2014.
Peu de temps après avoir accédé au grade de général de Brigade, et face à la montée de l’insécurité, il a manifesté sa volonté indéfectible de mener une lutte sans relâche contre les exactions de la secte Boko Haram et de toute autre menace pesant sur la paix et la stabilité du Cameroun.
En sa qualité de commandant de la Région militaire interarmées n° 1, poste stratégique qu’il a tenu durant près de neuf années sans interruption, il s’est illustré par un encadrement rigoureux de ses hommes, en veillant personnellement au maintien de la discipline au sein des troupes placées sous son autorité. Cette qualité constante lui a valu la réputation d’un militaire droit et rigoureux, pleinement dévoué à la protection du territoire national.
Au chapitre des décorations, il est chevalier, officier, commandeur et grand-croix de l’ordre de la Valeur. En ce qui concerne le Mérite de la force publique, il est aussi chevalier, officier, commandeur et grand cordon. Il est aussi décoré de la Vaillance à l’ordre de la Nation. Au chapitre des grades successifs, le 13 août 2015, il est général de brigade; le 1er janvier 2009, il est colonel; il est lieutenant colonel le 1er juillet 2004; le 1er janvier 1999, il est chef de bataillon; le 1er janvier 1994, il est capitaine; le 1er juillet 1988, il est lieutenant; le 1er juillet 1986: il est sous-lieutenant. Le général de brigade Ezo’o Mvondo Simon a rangé l’arme à gauche le 14 juillet 2026, à l’âge de 67 ans.














