Il s’agit là d’une question à laquelle il faut répondre en définissant d’abord ce qu’est le pouvoir. C’est la volonté agissante de la majorité des citoyens conférée à un seul citoyen à travers le choix (le vote), habilitant ce dernier au cours d’un temps déterminé ( le mandat), d’agir en ses lieux et place partout où besoin est, pour l’intérêt de tous.
Tout homme de pouvoir, compris dans ce sens, tire sa légitimité de ce souffle commun qui le pousse et l’accompagne dans sa fonction de représentation du Peuple souverain. C’est le chemin par excellence pour recevoir l’onction des hommes et de Dieu pour exercer le pouvoir ( c’est un don de Dieu aux hommes. Un attribut qui n’a pas toujours appartenu aux hommes, mais à Dieu).
Il y a aussi qu’on ne va pas jouer aux naïfs en pensant que les voies de fait pour usurper le pouvoir n’existent pas.. C’est avant tout le recours à la force, à la violence pour s’approprier de manière illégale et illégitime le pouvoir.
Des exemples dans l’histoire sont à foison. L’exemple est venu du Ciel où Lucifer, le Chérubin protecteur , a mené vainement une guerre pour s’approprier du trône de Dieu. Il fut déchu avec le tiers des anges sur la Terre, connu sous le nom de Satan, du père du mal.
Sur la terre des hommes, il y a eu au au Cameroun le 6 avril 1984, une tentative de coup d’État.. Les mutins voulaient le pouvoir et avaient opté pour la défiance des institutions en place. La suite est connue.. Cependant, tous les coups d’Etat n’échouent pas. Seulement en zone Cemac, les présidents du Tchad, du Congo, du Gabon, de la Guinée Équatoriale, sont arrivés au pouvoir par la force. Quatre pays sur six. On laisse la libre pensée à chacun de se faire une opinion.
Si les coups d’Etat brisent le pacte, le lien spirituel et mystique entre le Peuple et le fauteuil présidentiel, il est arrivé que l’occurrence du coup de force dans certains pays, vienne restaurer ce pacte abîmé par le pouvoir en place. Avec un peu de recul, on peut citer l’exemple de Jerry Rawlings au Ghana ou les multiples cas de coups d’Etat au Nigéria, qui ont fini par inscrire le pays dans une marche démocratique sereine.
On ne doit rien exagérer. Dieu ne va pas descendre sur Terre pour diriger les hommes. Jésus-Christ lui-même s’est soigneusement abstenu de se mêler des affaires politiques ouvertes, il a du reste refusé de prendre le pouvoir en Israël car sa mission n’était pas limitée dans la temps et dans l’espace.
Pour autant, il est bon de souligner que ce qui renforce tout pouvoir en déclin, est le recours au Peuple pour obtenir une onction nouvelle. Dans l’histoire du Cameroun, les assises telles que la Conférence de Foumban, la Tripartite ou le Grand dialogue sont des moments forts fondateurs d’une nouvelle légitimité, d’un rafraîchissement du Contrat social.
Dès lors, les maîtres mots sont là transparence de jeu et la sincérité. Les résolutions qui sortent de ces hauts lieux en dépendent. Questions: les résolutions et recommandations de ces trois conclaves ont-elles toujours été respectées? La réponse à cette question donne une idée sur la nature du pouvoir camerounais.
Que dire de ce moment de l’histoire du Cameroun où il se dessine que la création du poste de Vice-président est une balise donnée au prochain président pour entrer en scène? Comme il est prévu dans la Constitution, les modifications des textes ont été entérinées par le Parlement. C’est légal mais dans quel intérêt? L’intérêt de tous les Camerounais ou de quelques privilégiés qui gravitent autour du président de la République ? Aujourd’hui, l’opinion est éberluée, se demandant où le président Paul Biya veut conduire le pays.
La question revient alors. Paul Biya peut-il céder le pouvoir par sa propre volonté à un autre Camerounais? Si cela peut se faire de prime abord, il va sans doute que ce dernier jouera pleinement et profondément contre lui, après lui. Ce fut le cas entre lui et son illustre prédécesseur. La voie la plus illustre, la voie la plus indiquée, aurait été d’ouvrir le jeu politique, de placer le pays sur une rampe démocratique solide. Cela aurait été le plus grand don fait à son pays.
Mais, il faut tempérer les ardeurs car Dieu, le vrai souverain éternel qui donne le dernier sceau du pouvoir à tout homme, écrit droit par des lignes courbes. L’homme peut-il le comprendre dans ses choix? Lui qui a tiré le roi David derrière le troupeau pour l’établir roi d’Israël, lui aussi qui a détrôné le roi Saül et bien d’autres sans aucun regret, est définitivement à la recherche de quelqu’un qui va travailler prioritairement pour le bonheur du peuple du Cameroun.. Dieu est à la recherche, et le Peuple avec lui, d’un homme ou d’une femme qui va œuvrer pour guérir la Nation.
Terminons par là. Le Diable demande à Jésus-Christ de se prosterner devant lui pour qu’en retour il lui donne le pouvoir sur tous les royaumes de la Terre. Il a a refusé en répliquant qu’il faut adorer Dieu, lui seul. C’est tout dire de la source réelle et éternelle du pouvoir.