<<Je voudrais d’emblée saluer le choix avisé du Commandement de l’Esig, de retenir une fois encore, une thématique de réflexion qui s’inscrit au coeur de l’exigence de modernisation et d’adaptation des dispositifs de sécurité en Afrique, pour les rendre plus performants et plus aptes pour nos Nations>>, c’est en ces termes que le représentant du ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense (Mindef), a entamé son discours d’ouverture du colloque international dont le thème est <<problématique d’adaptation des Forces de Défense et de Sécurité en Afrique face aux menaces contemporaines: quelle contribution de l’Esig à l’émergence d’une culture stratégique endogène?>>. Il a poursuivi
dans cette dynamique en précisant que ce qui est en jeu, est la préservation de la stabilité des Etats africains dans un environnement international lui-même marqué par des bouleversements géopolitiques majeurs. Il a du reste précisé dans ce sens que l’état du monde a changé. Les dernières décennies ont vu une large remise en cause des équilibres stratégiques, politiques, économiques et écologiques. <<Les changements globaux devraient susciter un regain de solidarité. Nous assistons à un délitement des cadres de la coopération internationale et à une augmentation des dangers qui affectent directement la quiétude des populations>>, ajouté le Sed et d’enchaîner aussitôt que le terrorisme constitue l’un de ces facteurs de préoccupation légitime au regard du nombre de morts qu’il engendre, tout comme les effets du changement climatique, les dérives insurrectionnelles, le décuplement exponentiel des filières criminelles transnationales, la densification de la compétition stratégique entre les États, le poids de la famine et de la pauvreté, <<qui constituent des tendances lourdes porteuses d’incertitudes.>>.
Ces grandes ruptures, préconise Yves Landry Galax Etoga, obligent l’ Armée à penser sans tabous et avec lucidité ce que pourraient être les guerres de demain. Il appartient à l’Afrique, confie-t-il , de définir ce que sont des intérêts vitaux de sécurité. Des problématiques qui sont des menaces telles que la protection des citoyens et des territoires par les Armées africaines. Ainsi, l’adaptation à la nouvelle donne sécuritaire devient une exigence stratégique qui implique entre autres, la réforme des doctrines des forces, la codification d’une pensée stratégique forte, le renforcement des synergies entre les composantes civiles et militaires des États. Car la réponse à ces menaces ne peut pas être uniquement sécuritaire. De manière générale, les appareils de Défense et de sécurité africains doivent être d’anticipation et d’innovation. <<Ils doivent davantage prendre en compte la complexité des champs de bataille, l’irruption de nouveaux modes de confrontation, notamment le conflit asymétrique ou encore les champs immatériels d’affrontements tels que les cyberespaces. Ces nouvelles formes de conflictualité bouleversent en profondeur nos référentiels paradigmatiques et les schémas d’organisation d’appareils sécuritaires. Toute chose qui nous amène à penser autrement la guerre sous toutes ses formes>>. Il a de ce fait indiqué qu’il s’agit là de la résultante du choix de la thématique du colloque international. L’Esig reste donc fidèle à sa veille d’alerte permanente sur les problématiques securitaires contemporaines tout en tenant compte des réalités institutionnelles et des dynamiques sociétales du continent.africain.
L’Esig en question
Au cours de la leçon inaugurale du colloque international, Mathias Owona Nguini a précisé que la formation africaine en école de guerre, exemplifiée par l’Esig, <<est une formation de pointe>>.. Elle est simultanément transversale et procédurale, théorique et pratique. Elle prépare les officiers stagiaires à des postes de niveau stratégique. Toujours selon lui, l’Esig apparaît comme une institution emblématique de la formation militaire supérieure en Afrique et à ce titre, elle combine des exigences de fiabilité rationnelle et de fiabilité opérationnelle. Le Commandant de l’Esig, le général de brigade Nka Valère, dans son mot de bienvenue a indiqué que l’institution dont il a la charge est le fruit d’un partenariat bipartite entre le Cameroun et la France, l’École Supérieure Internationale de Guerre de Yaoundé (Esig), créée par décret présidentiel du 13 janvier 2005, est restée durant de nombreuses années l’unique école francophone de formation des élites militaires en Afrique subsaharienne. Puis, afin de permettre à l’Esig de devenir un pôle d’excellence de l’enseignement militaire supérieur du second degré en Afrique, le Cameroun a signé en avril 2008 une convention avec la France, instaurant un partenariat avec son homologue l’Ecole de guerre de Paris (EdG): partenariat qui garantit une complémentarité des compétences d’enseignement.Au cours de ses 20 ans d’existence, l’Esig a formé environ 905 officiers issus de 34 pays, dont 228 Camerounais. «La stratégie au service de la paix >>, est la devise de cette école.











