A l’amphithéâtre de l’Ecole supérieure internationale de guerre (Esig) de Yaoundé, s’est tenue la phase protocolaire de clôture de trois jours de réflexion stratégiques sous la présidence de Yves Landry Galax Etoga, le Secrétaire d’Etat à la Défense (Sed) chargé de la gendarmerie, représentant du ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense (Mindef). En mettant un terme au colloque qu’il avait ouvert deux jours plus tôt, le patron de la gendarmerie a mis l’accent sur cet aspect des choses. << Il était donc vital, que nous menions une réflexion en profondeur, sur l’organisation de l’appareillage sécuritaire africaine et la révision de leur doctrine d’emploi avec les adaptations permanentes qui vont avec, se conçoit comme un impératif catégorique>>, a lancé le Sed aux 60 officiers qui seront brevetés dans quelques jours et à l’assistance triée sur le volet. Il a enchaîné en indiquant que la voie est désormais celle de l’action. Le colloque doit être un point de bascule pour mettre en place le mécanisme pour que le Cameroun et l’Afrique s’approprient une stratégie basée sur leurs réalités environnementales et autres ressources. Il a terminé en précisant que l’action doit suivre immédiatement le colloque. <<L’endogénité aura occupé les esprits. Comment peut-on être endogène aujourd’hui en Afrique? Embarqué qu’on est dans le temps militaire mondial ?>>, s’est interrogé le professeur Alain Didier Olinga, le président du comité scientifique du colloque à l’heure de la compilation des travaux. Des quatre panels, tous sont revenus sur cette nécessité d’une stratégie africaine tout en précisant tout de même que la stratégie est avant tout nationale et s’appuie sur les spécificités environnementales. Il a ajouté que l’Esig a assis sa notoriété comme centre de capacitation stratégique africaine et qu’il est aujourd’hui unanimement reconnu que le breveté de l’Esig n’était en rien complexé face aux autres brevetés du monde. Il a pourtant nuancé en soulignant que <<cette capacité doit être maintenue, renforcée et consolidée par une adaptation des programmes et des méthodes pédagogiques.>>. Pour terminer, il a insisté sur la nécessité de la création au sein de l’Esig d’un centre de recherches et d’études stratégiques disposant de chercheurs permanents.Cela ferait de cette institution<<l’incubateur actif d’une doctrine stratégique camerounaise et africaine garant d’une stabilité durable et sécurisé des Etats africains>>. Dans la même veine, le général de brigade Nka Valère, le commandant de l’Esig a déclaré qu’il faut tracer le parallèle entre le rendu académique de l’Esig et la production d’un système théorique africain face à la considération actuelle des menaces et des crises qui secouent le continent. En d’autres termes, en considérant les secousses géopolitiques et les nouvelles formes d’agressions qui placent la sécurité et la stabilité internationales au bord du précipice, les différents intervenants du colloque ont cogité sur les possibilités d’une tropicalisation de la compréhension systémique des acteurs et des fonds propres et spécifiques à leur environnement. <<Notre continent se trouve à un carrefour décisif de son histoire, confronté qu’il est, à des menaces protéiformes qui empêchent la quiétude de nos populations, qui constituent autant d’entraves économiques>>, est une expression forte qui met l’emphase sur cette urgence d’une stratégie militaire africaine, d’une stratégie africaine tout court. Il faut rappeler que la 20 ème cuvée de l’Esig, sort le 23 juillet prochain.*











