On commence à en savoir davantage. Issa Tchiroma Bakary ne voit plus Paul Biya, n’a plus accès à lui, et cela justifie a-t-on compris dans une vidéo qui tourne en boucle sur la toile, son départ du gouvernement. Qu’en est-il de Bello Bouba Maigaïri, qui comme son collègue de rupture, a déjà matérialisé son départ ainsi que celui de son affidé le ministre délégué au ministère de l’Environnement Nana Aboubakar. Il va sans dire que Ros Dibong, la secrétaire d’Etat auprès du Minhdu a refusé de suivre la cadence, tournant le dos à son patron politique. Cette démission des deux dignitaires du Nord est sans doute concertée et trahit à souhait les incertitudes qui pèsent sur la gestion géopolitique du Cameroun. Le Grand Nord, avec cette nouvelle donne est en train de lâcher le président Paul Biya. Et pour coxer les choses, les soutiens présidentiels dans la zone sont en perte de vitesse. C’est le lieu de le dire car on a les difficultés à mobiliser les 100.000 jeunes en faveur de Paul Biya.
Ce qui est dramatique dans l’affaire, c’est précisément ce cinglant désaveu infligé par la base militante à ceux qui sont considérés comme des caciques du pouvoir. Certainement qu’à l’élection présidentielle, il vont boire la tasse de l’échec jusqu’à la lie. Ce qui fait craindre évidemment que par opportuniste politique d’autres défections se suivent, Tchiroma et Bello produisant l’effet domino. Une autre chose qui milite en faveur de cette assertion, est l’étonnement de Tchiroma Bakary que depuis sa démission, il n’y ait eu aucune relance de la part du pouvoir du pouvoir enveniment davantage les rumeurs sur la capacité de Paul Biya à tenir les manettes . La rumeur enfle et sur le terrain politique, la rupture des alliances se confortent. Quand bien même tout le septentrion aurait tourné le dos au régime, qu’elle suite ?
Le brouillard s’épaissit car la seule personne en mesure d’apporter un brin de lumière est Paul Biya. Au sein du pouvoir, on comprend qu’il est le seul interlocuteur valable et écouté des ministres démissionnaires. Ces derniers l’ont avoué à maintes reprises. Autour de Paul Biya, le vide est grand pour nouer le langage. La pression de la base excipée par ces acteurs politiques, a-t-ion l’impression aujourd’hui comme comme un fumigène pour masquer les motivations réelles de la discorde. La question pressante est désormais ce que le Cameroun réserve au Grand Nord et le Grand Nord au Cameroun lors de la prochaine présidentielle.
Les alliances. Le point crucial et morbide sur lequel a toujours surfé le Renouveau pour faire ses victoires. Cette dimension commence à se faire dans son dos, comme s’il avait perdu la main.
Une Alliance entre le Septentrion et le Grand Ouest ?
Ce n’est pas impossible. Le chemin est long surtout au moment où le septentrion est sous le brouillard. Tchiroma et Bello ne veulent pas être les spectateurs de la victoire de tel ou tel acteur politique. Ils vont se faire courtiser même si au demeurant le plan premier est d’entrer à Étoudi. Qui pourra convaincre les deux hommes pour faire la différence en octobre prochain ? Le challenge est déterminant. Comment gagner une élection comme on l’a perd sans faire des vagues? Les griefs sont nombreux. A la kyrielle vient s’ajouter la brumeuse situation du septentrion.











