C’est l’appel lancé par le Chairman du Social democratic front ( Sdf), Joshua Osih, le samedi 7 février dernier au cours du Comité national exécutif ( Nec) de son parti à Yaoundé.
Le remplaçant de Ni John Fru Ndi est arrivé au Nec avec un esprit nouveau, celui de pardonner à tous ses camarades qui n’ont pas joué à fond la partition qui était la leur au cours de l’élection présidentielle du 12 octobre dernier. Les griefs sont nombreux a-t-il confessé, mais il a pris en compte l’intérêt général du parti pour pardonner à ses camarades répréhensibles selon la législation interne du Sdf. Non seulement il pardonne, mais il enjoint ses camarades de pardonner car chaque membre du Nec au cours de la présidentielle a eu des manquements.
Prenant l’exemple sur l’épisode de femme adultère dont relate la Bible dans la livre de Jean au chapitre 8, les versets 1à 11.
”. Que celui d’entre-vous qui est sans péché lui jette la première pierre”, s’adresse Jésus aux Pharisiens et Scribes qui veulent lapider la femme en obéissance a la loi hébraïque. Aucun d’eux n’a jeté la pierre, ils les ont laissées tomber en commençant par les plus âgés.
De même, Joshua Osih demande à ses camarades du parti de laisser tomber les pierres et de pardonner. Il a rappelé de ce fait que chacun est coupable des manquements à des degrés divers. Le chairman précisé
fort à propos que beaucoup des membres du Nec ne se sont pas acquittés de leurs contributions auprès du parti. Beaucoup d’entre eux ont relayé avec une facilité déconcertante les diffamations fabriquées dans les officines aux fins de ternir l’image du candidat du Sdf à l’élection présidentielle. Il est revenu aussi sur la rumeur largement répandue au cours de la période électorale, affirmant qu’il a reçu du pouvoir un milliard de Fcfa.
L’information serait venue de la diaspora aux États-Unis. Dans la foulée, il a confié avoir été entendu par la police sur cette affaire et qu’au bout du compte, rien n’a été découvert contre lui. Il faut donc, dans ce nouvel esprit qui anime Joshua Osih, repartir à zéro, faire table rase du passé, pour aller ensemble en tant que militant remporter de nouveaux sièges pour le compte du Sdf. Répondant à la presse à la sortie du Nec, il ne faut pas mystère de ses ambitions au cours des prochaines élections législatives et municipales.
“Nous avons constaté les lacunes. Nous avons constaté ce qu’il fallait améliorer et nous sommes en train d’employer ces lacunes pour être deux fois plus fort aux législatives et municipales. Il y a deux choses qui sont évidentes: la situation dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest nous fait défaut. La seconde chose est que la fraude électorale s’est amplifiée. Si nous voulons réussir aux prochaines élections, il faudrait adresser ces deux points critiques et qu’on essaye de les adresser spécifiquement”
Il a aussi mis en exergue la question des finances en politique au Cameroun.
“Il faut aussi constater et reconnaître que la politique au Cameroun et surtout les élections sont très axées autour des moyens financiers. Nous avons vécu cela avec les hommes des médias. Donc, nous devons nous préparer en conséquence pour les élections qui sont devant nous. Ce n’est pas au parti politique de financer les candidats, mais il revient à chaque candidat et à son entourage de financer sa candidature. Nous pensons que le message est bien passé pour que nos candidats soient prêts pour les élections à venir.”
En ce qui concerne la question de savoir si le Sdf est prêt aux prochaines élections, sa réponse est sans équivoque.
“Nous sommes toujours prêts pour les élections. Si on convoque le Corps électoral demain ou après-demain, ou même si on le rapporte, nous serons prêts. C’est le dernier de nos soucis. Notre structuration, notre machine électorale est toujours en place. Là, c’est plus facile qu’une élection présidentielle parce que c’est plus décentralisé. C’est plus facile à faire démarrer la machine ».
Le nerf de la guerre qui fait mal
“Nous pensons que nous aurons des problèmes financiers . Au vu de l’ampleur des besoins financiers, on doit avoir des candidats à la hauteur des attentes politiques d’aujourd’hui parce que c’est devenu quelque chose d’ intenable de ce qui est attendu d’un candidat tous les jours”, a déclaré Joshua Osih face à la presse.
Il a poursuivi en indiquant que la première des choses dans ce cas de figure est que les candidats sont au courant de cette réalité-là. Par conséquent, ils commencent à se préparer aujourd’hui.
” Le temps où il fallait payer sa caution, faire plaisir aux électeurs et aller gagner une élection est derrière nous”.
Il a rappelé que le pays est dans une une forme de démocratie où malheureusement, il faut investir massivement pour gagner les élections. Par conséquent, il est bien que les candidats du Sdf soient au faîte de cette donne.
“Cela nous a fait défaut, et il ne faudrait pas que cela nous fasse à nouveau défaut au cours des élections législatives et municipales”, a-t-il soupiré pour terminer.
Au cours de ce Nec qui s’est préoccupé aussi du calendrier des élections, Joshua Osih a dit à ses camarades que le Cameroun souffre de “ deep state” depuis la dernière élection présidentielle où on a vu l’avion présidentielle abandonné sur le tarmac de l’armée de Maroua.
Ce concept désigne un supposé réseau occulte de hauts fonctionnaires, militaires, agents de renseignement et groupes d’intérêt qui influencent ou contrecarrent la politique du gouvernement élu. Considéré comme un “ État dans l’État”, il agirait en coulisses pour maintenir ses propres intérêts. Dans un tel contexte, organiser une élection n’est pas la chose la plus aisée ou évidente du monde.