Regroupée autour de Action civile 237, elle a exprimé ce sentiment suivi de certaines exigences au cours de la traditionnelle rencontre avec la presse qui s’est tenue le 20 août dernier à Yaoundé.
Les exigences qui sont des mesures mises sur la table par les Osc, sont nées de la fragilité et des incertitudes observées lors de la longue absence, 74 jours, du chef de l’Etat sur le territoire national. La onzaine des organisations de la société civile (Osc), adresse de ce fait des suggestions au président de la République, au Conseil constitutionnel et au Parlement. Tout comme Action civile 237 émet des propositions sur la gouvernance des ressources et sur les libertés à l’échelon national.
Le président de la République
En ce qui concerne le président de la République, les Osc lui disent
“qu’ayant été investi comme président élu, il a l’obligation d’assumer pleinement la fonction présidentielle, ou de démissionner officiellement”. Les Osc ajoutent que les citoyens sont fatigués de la gestion par délégation, des guerres de clans et de l’immobilisme qui plombent le développement du pays et compromet dangereusement l’avenir des générations actuelles et futures.”
« Qu’à défaut de cette pleine capacité, et sans délai, qu’il convoque des assises nationales qui permettront au Cameroun de sortir de ce cul de sac institutionnel”, suggère Action civile 237.
Le Conseil constitutionnel
À l’endroit du Conseil constitutionnel, la société civile demande, qu’en tant que gardien du fonctionnement régulier des institutions,
“le Conseil se prononce sur la question de procédure désormais ouverte: quelle autorité a qualité pour le saisir aux fins de constatation d’un éventuel empêchement définitif lorsque le poste de vice-président n’est pas pourvu.”
Le Parlement
Au Parlement, il est demandé que:
” les bureaux des deux chambres envisagent la convocation d’une session extraordinaire consacrée à la clarification du dispositif de constatation de la vacance. Que ces 2 chambres modifient d’urgence l’article 38 (nouveau) de la loi n°2004/004 afin d’ouvrir la saisine du Conseil constitutionnel à une pluralité d’autorités (Gouvernement, président du Sénat, président de l’Assemblée nationale, et même par un quota des citoyens au travers d’une pétition), et d’instituer éventuellement une faculté d’auto-saisine: aucun ordre juridique ne pouvant faire dépendre la constatation de la vacance d’un organe dont la création relève de la seule discrétion du titulaire de la fonction en cause. Dans la foulée les Osc s’engagent à mettre en place une cellule citoyenne de crise qui va assurer la veille permanente sur la situation institutionnelle et à en rendre compte publiquement; à demeurer également disponibles au dialogue avec l’ensemble des institutions de la République et des forces politiques du pays; à engager des concertations avec les forces vives de la Nation (leaders religieux, leaders politiques et opérateurs économiques) en vue d’une préparation d’un processus de transition apaisée dans la préservation de l’ordre constitutionnel. Par ailleurs, Action civile 237 appelle l’Union africaine, la Communauté économique des États de l’Afrique centrale, les Nations Unies et les partenaires bilatéraux du Cameroun à “accompagner, dans le respect de la souveraineté nationale, les efforts visant à préserver la stabilité institutionnelle du Cameroun et à prévenir toute rupture de l’ordre constitutionnel”.

Les Citoyens
Action Civile 237, appelle enfin les citoyens à la vigilance, à la non-violence et la citoyenneté active tout comme elle met en garde contre toute initiative prématurée et anticonstitutionnelle de changement à la tête des institutions, d’où qu’elle vienne.
Sur la gouvernance des ressources et les libertés
Sur la gouvernance des ressources, Action civile 237 exige que le rapport de la commission d’enquête mixte sur le trafic de l’or soit intégralement publié, et transmis aux juridictions compétentes, conformément aux obligations de transparence et de coopération résultant de la Convention des Nations Unies contre la corruption et de la Convention de l’Union africaine sur la prévention de la lutte contre la corruption. Que les poursuites soient engagées sans considération de rang ni de proximité avec le sommet de l’Etat.
Sur les libertés
Sur les libertés, Action civile 237 demande que soit garantie la liberté de la presse, la liberté d’expression, la liberté de réunion pacifique et l’intégrité physique des acteurs de la société civile, des journalistes et des responsables politiques qui s’expriment sur ces questions car l’interrogation citoyenne sur la continuité de l’État n’est pas un délit.
« La République n’est pas un secret d’État », est le titre évocateur de la déclaration faite par ces Osc 74 jours après le départ du président de la République du pays. Curiosité des curiosités, le même jour que la société civile monte au créneau pour tirer la sonnette d’alarme, Paul Biya regagne le bercail. Ce retour, a prévenu les Osc, n’entache en rien la pertinence des exigences qu’elles soulèvent.
Au nombre de ces Osc, on peut citer Les Nouveaux droits de l’homme ( Ndh-Cameroun), de Cyrille Rolande Bechon,Plate-forme de la société civile pour la démocratie du Dr Hilaire Kamga; 1 Monde à venir, de Philippe Nanga; Tournons la page, de Jean Marc Bekoko; les Réseaux des défenseurs des droits humains en Afrique centrale, de Maximilienne Ngo Mbe, entre autres.
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