Le ministre délégué à la présidence de la République chargé de la Défense l’a fait le 25 septembre dernier en présidant à la Cour d’honneur de la brigade du Quartier général (Bqg),
la double cérémonie de remise des attributs aux cinq officiers généraux promus le 3 août 2026 d’une part, et la prise de commandement de la première région militaire interarmées (Rmia1) et de la Bqg , d’autre part.
Double cérémonie de grand jour, avec une once de panache entre solennité et festivité. Au bas mot, une vingtaine des membres du gouvernement et tout le gratin militaire rehaussent par leur présence l’éclat de la double cérémonie avec qui une pluie tenace qui fait des siennes pour s’arracher la vedette. Joseph Beti Assomo, le maître des céans, a réservé le gros morceau de son discours de circonstance pour la fin.
Il est précis et clair , le verbe cisaillé de grivoiseries, il prêche sous un jour nouveau sur le champ sémantique de la devise de l’armée camerounaise et prescrit d’abord à chacun des cinq généraux promus de s’en approprier tel le bréviaire pour remplir efficacement les missions sous le drapeau.
“ Honneur et fidélité, c’est la devise de nos forces armées. Mais il ne s’agit pas d’une simple devise! Il s’agit d’un engagement qui doit demeurer encore d’actualité”,
commence-t-il et de souligner par la suite que la devise est comme un serment. Un engagement à respecter pendant toute la carrière dans laquelle on s’est engagée. Le militaire camerounais quel que soit son grade, s’est engagé à servir le pays avec honneur et fidélité..
A force de répéter cette devise ou ce serment, on ne saurait oublier la portée et la profondeur de sa signification. Ainsi, Jiroh Beti Assomo a indiqué que l’honneur est un sentiment de dignité, un principe moral qui appelle une conduite droite et loyale.
Bien plus, réitère -t-il, l’honneur appelle le respect de soi-même, loin de tout ce qui peut ressembler à de la bassesse, tout ce qui peut faire honte, tout ce qui peut conduire à la disgrâce. Par ailleurs, l’honneur faut référence à la considération. La considération que les autres ont d’une personne. C’est pourquoi il faut toujours défendre son honneur qui exige le respect, la dignité et peut conduire aussi à la gloire.
“L’honneur appelle le serment de fidélité. Le respect de la mission, le respect du drapeau, le respect de la République”,
a déclaré avec emphase, Joseph Beti Assomo avant d’enchaîner que la fidélité appelle le respect de l’engagement pour servir son pays au prix de sa vie s’il le faut. La fidélité implique aussi la fidélité aux institutions et à ceux qui les incarnent au premier desquels se trouve le chef des Forces armées est une valeur républicaine. La fidélité chez le militaire est consubstantielle de l’honneur, de la fidélité à la Patrie et à son drapeau.
De même leur a-t-il dit qu’ils détiennent toutes les capacités humaines, intellectuelles et professionnelles pour relever les grands défis qui les attendent. Ils peuvent dès lors compter sur son soutien constant et surtout sur celui du chef de l’État, le chef de des Forces armées. Pour terminer avec ce point, il leur a déclaré que leur promotion est pour chacun d’eux porteuse de nouveaux exaltants défis.
“ Vous êtes investis de la haute confiance du chef de l’État. Vous avez en main toutes les cartes, les qualifications et les expériences nécessaires pour remplir efficacement vos nouvelles responsabilités. Votre expérience professionnelle consolidée”,
leur a confié le ministre.
Un nouveau palier franchi et des exigences nouvelles
“Vous faites désormais partie de la vitrine de nos forces de défense et de sécurité. Vous intégrez la crème de la crème de nos armées”,
a dit le patron de la Défense et d’ajouter qu’ils doivent en toute circonstance se montrer digne de leur élévation et de leur entrée dans le prestigieux cercle des officiers généraux. Ils peuvent légitimement en être fiers. Mais ils ne doivent pas se laisser griser ou emporter par l’euphorie de la promotion au grade de général.
“Soyez pleinement conscients des contraintes et des attentes que cette évolution de carrière fait désormais peser sur vos épaules”,
prescrit- il avant d’ajouter que leur troupes, leurs subordonnés, leurs collaborateurs, leur hiérarchie et le haut commandement dont ils font désormais partie, les considèrent avec davantage de respect, d’abnégation mais aussi avec un regard acéré et exigeant.
“ Votre nouveau statut vous impose en privé comme en public, dignité, tact, prestance, sagacité dans l’analyse. Correction dans le langage, dans les attitudes et les prises de parole, une culture générale toujours plus étendue, de la mesure et de la prudence dans le propos, en évitant de discours à tout propos, et avec n’importe qui ou n’importe comment”,
martèle “l’élite majeure” du Nyong et Mfouou. Ils ont le droit et même l’obligation de tout entendre, mais ils n’ont pas le droit de tout dire hors des cadres que le règlement militaire leur prescrit.
Par ailleurs, Joseph Beti Assomo leur a rappelé que le verbe ou la parole d’un officier général doit être soigneusement pesé et soigné car il peut être source de malentendus dangereux. Il a dans cette veine souligné que l’esprit républicain des armées doit demeurer fort en s’éloignant des grivoiseries des activistes de tous bords qui tentent ces derniers temps de semer le doute dans les esprits de la troupe par des insinuations voire même des provocations en les invitant dans les débats qui ne les concerne pas. Ces débats déchaînés, a-t-il précisé, sortent de la sphère de compétence et de l’attention des armées.

De plus, le Mindef a indiqué que le choix porté sur eux couronne les longues années d’effort, d’abnégation, d’ardeur au travail, de discipline, de courage et de crédibilité tant aux yeux des hommes placés sous leur autorité que du haut commandement depuis leur engagement à servir partout même à payer de leurs vies pour le pays s’il le faut dans les conditions généralement difficiles et même parfois très difficiles. Il leur a dit qu’ils ont tous bravé les rigueurs de la vie militaire loin parfois de leurs familles qu’il a d’ailleurs tenu à féliciter, surtout leurs épouses, pour l’appui moral et affectif qu’elles leur ont apporté durant leurs absences quand le devoir l’exigeait.
Par-dessus tout, ils ont su toujours servir la Nation avec honneur et fidélité envers les institutions de la République et ceux qui les incarnent. Pour terminer sur ce point, il leur a transmis les félicitations appuyées du chef de l’Etat , chef des Forces armées pour leurs brillantes et méritées promotions.
Aussi, il leur a souhaité plein succès dans leurs fonctions respectives et leur a assuré de sa disponibilité pour les aider à remplir leurs missions. Le Mindef a conclu en réaffirmant que toutes ces promotions obéissent à la logique du renouvellement et de l’adaptation des forces de Défense au contexte sécuritaire national et international en pleine et profonde mutation. Elle participe également du souci constant du chef de l’État, chef des forces armées, d’optimiser l’impetus et l’efficacité de nos appareils de Défense et de sécurité.
Léopold DASSI NDJIDJOU