Un groupe de travail formé des experts sur les problématiques de santé, chapeauté par ce think tank, était en conclave à Yaoundé le 25 juin dernier.
Le personnel de santé au Cameroun, de ce qu’on a appris de l’exposé préliminaire aux échanges et du travail en atelier, est en situation. Il travaille dans des environnements à risque élevé, l’exposant à des infections, des substances chimiques, et à l’épuisement en raison de longues heures de travail, surcharge au travail, exigences physiques et un traitement salarial jugé très bas. Les experts ont été unanimes que l’expansion de la couverture de l’assurance maladie est stratégique car ceci favorise la rétention des agents de santé tout en améliorant les résultats en matière de santé au sein de la population. Pour que cela soit possible, il faut créer un package unique pour le personnel de santé dans le cadre de la Couverture santé universelle ( Csu), étendre la couverture de la Caisse nationale de prévoyance sociale ( Cnps) pour y intégrer un package complet des services de santé; étendre la couverture obligatoire à l’ensemble du personnel de santé, indépendamment du type de contrat ou du statut professionnel, dans le cadre de la réforme de la politique de la Cnps;
informer le personnel de santé sur les diverses options de couverture maladie disponibles au moyen de programmes ciblés d’éducation et de communication.
Les échanges entre les experts
Les échanges ont porté sur deux sessions. La première porte sur les mécanismes, les institutions et le financement. Il était question de savoir entre autres , si la Cnps est l’institution appropriée pour apporter une assurance de santé aux travailleurs; quels risques administratifs et financiers peuvent survenir en étendant les responsabilités de la Cnps; si le personnel de la santé doit être considéré comme un groupe prioritaire sous la Csu; quels sont les groupes qui doivent être priorisés (infirmières, les travailleurs ruraux, tous les cadres).
Quant à la deuxième session, elle a porté sur la responsabilité de l’employeur et la couverture obligatoire; si une couverture d’assurance maladie obligatoire est réalisable pour l’ensemble des agents de santé des secteurs public, privé et associatif; comment intégrer les agents de santé informels ou bénévoles ; les établissements de santé devraient-ils être tenus de fournir une couverture d’assurance minimale comme condition d’obtention de leur autorisation d’exercer ?; quel serait l’impact de telles politiques sur les petites cliniques privées et les hôpitaux confessionnels ? Les différentes réponses à ces questions ont enrichi les recommandations qui seront soumises aux autorités de la Finance et de la Santé publique.