
Le directeur de la fondation éponyme a ouvert la formation de 20 leaders jeunes triés sur le volet à travers tout le territoire national, avec pour thème: “vision, action impact”. Elle s’est achevée le 9 septembre dernier à Yaoundé.
Le Dr Denis Foretia a ouvert les travaux en reconnaissant à sa juste valeur ce que tous les 20 leaders jeunes font au quotidien dans leurs différentes communautés.
C’est une bonne chose, a-t-il souligné, que ces jeunes se retrouvent tous ensemble. Il s’agit ni plus ni moins que d’un réseau car les connaissances et les amitiés tissées permettent par exemple à chaque jeune leader de considérer qu’il a désormais un point de contact dans chaque région s’il lui arrivait de s’y rendre.
“ Nous formons un réseau. C’est la raison même du programme « Émergence des leaders .Vous recevez autant de ce réseau que vous y investissez. Plus vous comprenez les enjeux politiques, plus vous apprenez sur la marche à suivre.”
En ce qui concerne l’argent, il a attiré leur attention sur le fait que l’argent ne répond pas à tout et n’est pas non plus la préoccupation première d’un leader.
“Ne vous y trompez pas. L’argent ne suffit pas dans ce monde. De nos jours, les gens courent après l’argent comme si c’était leur seule priorité. Votre réseau, lui, vous apportera des ressources financières. La sélection des 20 lauréats n’a rien à voir avec l’argent. Ce qui compte, c’est votre vision, vos engagements, votre présence dans la blogosphère, etc”, a-t-il souligné.
Le Dr Denis Foretia, médecin de formation, s’est appuyé sur la vue de Nelson Mandela pour davantage expliciter ses enseignements.
“Prenons l’exemple de Nelson Mandela. Il ne s’est pas contenté de dénoncer un système injuste ; il a engagé sa réputation, sa liberté et, finalement, sa propre famille au service de la communauté”,
pour dire aux jeunes leaders de s’investir entièrement dans leurs différents engagements. Il a rappelé que Nelson Mandela, à l’âge de 44 ans, a quitté l’Afrique du Sud pour suivre une formation militaire. Il a par la suite passé 18 de ses 27 ans de prison à Robben Island.
Quand il perd sa mère et son fils alors qu’il est en prison, il n’est pas autorisé à assister aux obsèques. Dans les années 1990, à l’âge de 71 ans, il est libéré. Mais, après tout ceci, il n’a pas cherché la vengeance. Le médecin a demandé aux jeunes gens de suivre l’exemple du premier président noir sud africain. Il a dès lors indiqué qu’il n’est jamais très tôt pour commencer. Il n’est jamais très tôt pour commencer quelque chose.
“Il n’est pas très tôt pour chacun de vous d’avoir de fortes convictions au sujet de ce qui est bon et de ce qui doit être fait. Ce n’est pas très tôt de continuer à apprendre, de construire la résilience. Il faut se rendre compte de cela, quelqu’un comme Mandela, n’a pas réussi au début. Tout ce qui est important est difficile. Vous devez vous préparer à une longue épreuve pour réaliser des performances difficiles” .
La vision, la crédibilité, la compétence et l’humilité
La vision est de savoir qu’il faut faire des choses difficiles.
“Tout ce que vous faites et c’est facile, faites attention. Allez faire des choses difficiles. Mon ami de l’Extrême-Nord vient de dire que c’est difficile pour une femme d’acheter un lopin de terre dans cette partie du pays même si elle a de l’argent, vous vous imaginez cela”, a-t-il demandé aux jeunes leaders.
Par la suite, il a confié aux jeunes leaders qu’il a été le président des étudiants camerounais aux États-Unis. Sa vision fut de créer un site web pour les étudiants
camerounais aux Etats-Unis. Il en a profité pour leur dire de saisir des opportunités.
Parlant des leaders et des influenceurs, il a demandé qui sont des leaders influenceurs.
“Qui considérez-vous comme des leaders influents?
On pense ici aux stars, aux membres de la famille, aux leaders politiques, aux chefs d’entreprise, entre autres?”
Dans la foulée, il a indiqué que le plus souvent, ce sont les membres de la famille qui sont les plus grands influenceurs. A 40% ce sont les membres de la famille.
“Ta mère, ton père , tes grands-parents, tes oncles , tes tantes, tes frères et tes sœurs. En tant que leaders, il faut savoir que les membres de vos familles vous regardent et suivent vos pas parce que c’est là où on impacte souvent le plus”, a-t-il affirmé.
Par ailleurs, il a demandé ce qui fait la différence. L’intelligence? La compétence ?
Ce qu’il faut noter, a renchéri le Dr Denis Foretia, est qu’un bon leader est celui qui inspire les gens. Un général d’armée ne peut pas conduire les troupes à la guerre quand il est pessimiste. Il doit être optimiste, honnête pour inspirer les gens autour.
Est-ce que ces gens sont inspirants ? Bill Gates, Elon Musk, Barack Obama, Dangoté, Samuel Eto’o, Sokoudjou Jean Rameau, entre autres.
Par la suite, il a dit que le caractère d’une organisation est très important même si on a changé de dirigeant. En tant que leader, comment est-ce qu’on maintient la motivation au sein du groupe? De ce point de vue, il a indiqué qu’il y a la compétence qui compte.
“Imaginez que vous preniez un avion et que le pilote vienne vous dire , vraiment je ne suis pas très sûr de vous conduire jusqu’à destination. Combien de personnes vont encore rester dans cet avion?”
Le leader fait ce qu’il maîtrise !
L’autre point est le temps. Qu’est ce que le leader fait de son temps ? Le président Eisenhower a mis sur pied un système métrique. Il était le président des Etats- Unis dans les années 1950. Il avait été avant cela, le chef de l’ armée américaine au cours de la seconde guerre mondiale.
Toutes les questions qui lui sont soumises, il les classe en deux catégories :important et urgent. Si la question est importante et urgente, il s’en charge personnellement et dans les plus brefs délais. Dans les autres cas, il a la faculté de déléguer la responsabilité à un de ses collaborateurs. Si ce n’est ni urgent ni important, il considère le cas comme de la pure distraction.
En tant que leader, il faut s’entourer de gens plus intelligents et avisé que soi. Il faut aussi avoir de la crédibilité.
“Si tu n’as pas la crédibilité en tant que leader, les gens ne vont pas te croire. Cela est très important”.
Pour terminer, il faut être différent. Si le leader est comme ses collaborateurs, comment cela peut-il marcher? Pour être un bon leader, il faut se connaître soi-même. La culture va toujours prendre le pas sur la stratégie.
Il faut développer des principes fondamentaux. Un leader doit être guidé par des principes. Dans la vie d’un leader, il y a deux dates importantes. Le jour de sa naissance et le jour où il découvre le but pour lequel il est venu sur terre.
“Il faut savoir son pourquoi. Il y a des leaders et il y a ceux qui dirigent. Dans quel camp voulez-vous être ?”
Le dernier point est l’humilité. Ne vous prenez pas très haut par rapport à vos collaborateurs. .L’humilité ouvre les portes. C’est une clé.
Léopold DASSI NDJIDJOU